Le musée des Beaux-arts et de la Dentelle d’Alençon
Le Point d’Alençon, dentelle inscrite à l’Unesco, une galerie de peinture et une collection cambodgienne dans un collège jésuite de 1620.
Par La rédaction de Sortie en Normandie5 min de lecture



Il faut sept à quinze heures de travail pour produire un centimètre carré de dentelle au Point d’Alençon. Ce savoir-faire, transmis sans interruption depuis le XVIIe siècle, est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco. Le musée des Beaux-arts et de la Dentelle, installé dans l’ancien collège des Jésuites d’Alençon, en est la vitrine. Il expose aussi une galerie de peinture du XVe au XXe siècle et une collection inattendue d’objets du Cambodge.
Pourquoi visiter le musée
- La dentelle au Point d’Alençon, expliquée étape par étape, des outils jusqu’aux créations contemporaines.
- Une galerie de peinture avec Philippe de Champaigne, Jusepe de Ribera, Fantin-Latour, Courbet ou Boudin.
- Le Cambodge d’Adhémard Leclère, une collection d’ethnographie rare en Normandie.
- L’exposition Courbet, première grande exposition consacrée au peintre dans l’Orne, jusqu’au 3 janvier 2027.
- Un musée à taille humaine, avec des espaces pour les enfants dans les salles.
- Un tarif modeste : 4 € plein tarif, gratuit pour les moins de 26 ans.
Un musée dans un collège du XVIIe siècle
Le musée descend d’un premier établissement inauguré le 15 juillet 1857 dans l’hôtel de ville d’Alençon. Dès l’origine, il rassemble des collections de nature encyclopédique : tableaux, arts graphiques, archéologie, histoire naturelle, puis ethnologie, dentelles et souvenirs de la Grande Guerre.
Depuis 1981, il occupe l’ancien collège des Jésuites, édifié en 1620. Il conserve environ 20 000 œuvres et porte le label « Musée de France ». Le parcours permanent présente trois départements : la dentelle, les beaux-arts et le Cambodge. Deux expositions temporaires sont proposées en moyenne chaque année. Une visite virtuelle des trois départements permet de préparer sa venue.
Le Point d’Alençon, un savoir-faire unique
La dentelle au Point d’Alençon se fait entièrement à la main, avec une aiguille, du fil de lin ou de coton, du crin de cheval et un support provisoire en parchemin. La fabrication compte une douzaine d’étapes. Le dessin est piqué sur le parchemin, puis la « trace » dessine les contours du motif. Viennent ensuite le réseau, ce fond de mailles bouclées qui relie les motifs, le rempli, les « modes » ajourées, puis la brode, qui donne du relief. La dentelle est enfin détachée du parchemin à la lame de rasoir. Dernière étape, le luchage lisse les motifs à froid… avec une pince de homard.
Le savoir-faire est inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité depuis le 16 novembre 2010. Il est entretenu par une communauté d’une vingtaine de dentellières, réunies à l’Atelier national du Point d’Alençon, rattaché au Mobilier national. La formation dure sept à dix ans et passe uniquement par l’oral, l’observation et la pratique : aucune méthode écrite ne permet de l’apprendre.
Au musée, une salle consacrée à la technique montre ce processus avec des outils pédagogiques et numériques. L’espace historique retrace la dentelle à l’aiguille produite autour d’Alençon depuis la fin du XVIe siècle et présente les créations actuelles des dentellières du Mobilier national. Les textes sont en français et en anglais. Un petit salon avec jeux et coloriages accueille les 1-10 ans.
Beaux-arts et collection cambodgienne
La galerie de peinture, ponctuée de sculptures, traverse les écoles française, italienne et nordique, du XVe au XXe siècle. Elle s’ouvre sur de grandes toiles religieuses et d’histoire (Giovanni Massone, Jean Restout, Philippe de Champaigne, Jean-Baptiste Jouvenet, Jusepe de Ribera). Elle se poursuit avec l’art officiel français (Charles Landon, Henri Fantin-Latour, Gustave Courbet, Eugène Boudin). Elle se termine par les artistes ornais, comme Jacques-Edmond Leman ou Gaston La Touche, et les paysagistes de l’école de Saint-Céneri.
La collection du Cambodge est due à Adhémard Leclère (1853-1917). Cet Alençonnais, ancien ouvrier typographe, a travaillé dans l’administration française en Indochine de 1886 à 1911, notamment comme Résident au Cambodge. Ethnologue de terrain, il se surnommait « Abélard le Khmer ». La salle s’organise autour de quatre thèmes : l’homme et son œuvre, les arts sacrés, les arts du spectacle et les objets du quotidien. Un livret et des activités y attendent les 5-10 ans.
Les expositions en 2026 et 2027
Jusqu’au 3 janvier 2027, le musée présente « Gustave Courbet. Une nature engagée », ouverte le 7 juillet 2026 en collaboration avec l’Institut Gustave Courbet. C’est la première exposition d’envergure consacrée au peintre dans l’Orne. Elle explore ses paysages et son engagement politique, en écho aux deux toiles de Courbet conservées à Alençon : Sous-bois (avant 1865) et Un bouquet (1871), nature morte peinte alors qu’il était emprisonné après la Commune. Bornes sensorielles, cartels pour enfants et livret « facile à lire » accompagnent la visite.
Du 6 avril au 26 septembre 2027, l’exposition « Trésors enluminés des abbayes ornaises au temps de Guillaume » réunira des manuscrits du XIe siècle issus des abbayes de Saint-Évroult d’Ouche et de Saint-Martin de Sées, conservés à la médiathèque Aveline.
Préparer sa visite
- Horaires : du mardi au vendredi de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h ; samedi et dimanche de 10 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 18 h.
- Fermetures : tous les lundis, ainsi que le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre.
- Billets : uniquement sur place, à l’accueil ; pas de vente à l’avance. Espèces, carte bancaire ou chèque.
- Tarif bas carbone : 2 € sur présentation d’un ticket de bus de moins de 2 jours, d’un billet de train de moins de 7 jours, ou d’une photo de vous avec votre vélo devant le musée.
- Accessibilité : ascenseur partagé avec la médiathèque Aveline, sièges pliants, boucle magnétique, sanitaires adaptés.
- Animaux : non admis, sauf chiens guides ou d’assistance.
Sources : Musée des Beaux-arts et de la Dentelle, site officiel - Ministère de la Culture, agenda des Journées européennes du patrimoine - Unidivers, agenda culturel
Questions fréquentes
Quels sont les horaires du musée des Beaux-arts et de la Dentelle ?
Du mardi au vendredi de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h, le samedi et le dimanche de 10 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 18 h. Il est fermé le lundi, le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre.
Combien coûte l’entrée du musée de la Dentelle d’Alençon ?
4 € plein tarif, 3 € tarif réduit, 2 € pour les visiteurs venus en bus, en train ou à vélo. C’est gratuit pour les moins de 26 ans et pour tous le premier dimanche du mois.
Qu’est-ce que le Point d’Alençon ?
Une dentelle à l’aiguille entièrement faite à la main, sur un support en parchemin, en une douzaine d’étapes. Il faut 7 à 15 heures pour réaliser 1 cm². Le savoir-faire est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco depuis le 16 novembre 2010.
Quelle exposition voir au musée d’Alençon en ce moment ?
« Gustave Courbet. Une nature engagée », jusqu’au 3 janvier 2027. Du 6 avril au 26 septembre 2027, le musée présentera « Trésors enluminés des abbayes ornaises au temps de Guillaume ».
Peut-on acheter ses billets à l’avance ?
Non. Le paiement se fait uniquement sur place, à l’accueil, en espèces, par carte bancaire ou par chèque.
Le musée est-il adapté aux enfants ?
Oui : des espaces jeunesse avec jeux, coloriages et livrets sont aménagés dans les salles de la dentelle (1-10 ans) et du Cambodge (5-10 ans).







